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Exclusif : le frère d’Amadou Tall, abattu au siège du RPG en 2010, réclame une promesse d’Alpha Condé…

En octobre 2010, Amadou Tall fervent militant du RPG arc-en-ciel a été abattu par un inconnu au siège du parti sis à Hamdallaye Concasseur. Le défunt était à côté du Président lorsque la balle l’a fauché, selon son frère biologique qui précise que le sang de Amadou Tall avait même touché le Pr Alpha Condé. Depuis cette tragique disparition, Mory Tall se bat pour faire honorer une promesse que le Président de la République a faite à l’endroit la famille de feu Amadou Tall, qui vit aujourd’hui dans la précarité totale. Toutes les démarches qu’il a menées jusque-là n’ont pas été fructueuses. Désemparé, Mory Tall interpelle le Président de la République.

AFRICAGUINEE.COM : Votre frère a été assassiné en 2010 entre les deux tours de l’élection présidentielle au siège du RPG à Concasseur. Dites-nous ce qui s’est passé après ? 

MORY TALL :Après son assassinat, le Pr Alpha Condé a envoyé Lansana Kouyaté en famille pour présenter les condoléances. Il avait promis à l’époque que s’il accède au pouvoir, il va prendre les enfants laissés par mon frère en charge, aussi bien pour leurs scolarités que pour le reste. Il a promis de construire une maison pour sa famille. Lansana Kouyaté a quitté. On est resté dans cette douleur jusqu’à ce que le Professeur soit au pouvoir. Lorsque notre maman est décédée en 2015, le Président même s’est déplacé pour aller en famille pour présenter les condoléances. Il a promis de nouveau de construire la maison pour les orphelins laissés par mon frère. Ce jour-là, il y avait son ministre docteur Ballo auquel il a confié le dossier. Quand le président est venu dans la famille mortuaire, il a dit qu’il va reconstruire là-bas. Mais on leur a fait comprendre que ce n’était pas le domicile de la famille biologique de mon frère. Même s’il construisait là-bas, les enfants de mon frère qui a été tué au siège du RPG n’allaient pas bénéficier. On a expliqué au président que le défunt a laissé huit enfants, deux femmes et une parcelle vide à Coyah. Le président a donné son accord pour construire là-bas pour la famille de mon frère. Il a dit que pour tout problème de nous mettre en contact avec Dr Ballo.

Je suis allé voir plusieurs fois Docteur en lui disant qu’on ne comprenait rien parce que depuis que le président a donné la consigne il n’a pas fait signe pour la construction de la maison. Je lui ai demandé la situation réelle de l’évolution du dossier, il m’a dit qu’il connaissait notre frère Mamoudou Kaba. Il a ajouté qu’il se soucie pour mon frère ; Il m’a demandé de faire un écrit et lui envoyer. Je l’ai fait, j’ai déposé tout en le priant de nous aider à construire cette maison surtout que le président a promis. L’aîné de mon frère a d’ailleurs a abandonné l’école par manque de moyens. Tout le monde sait que mon frère a été tué devant Alpha Condé. Le sang de mon frère avait même touché le Pr Alpha. Peut-être que celui qui a tiré voulait assassiner le Président, mais il a touché mon frère. J’ai tout expliqué à Dr Ballo. Lorsque mon frère décédait, on était logé à Kipé, on nous a délogés à cause du manque de moyens. On est venu à Simbaya, là-bas encore on a accumulé des dettes, on nous a vidés. Actuellement les enfants se trouvent à Fofoméré dans Dubreka. Je l’ai supplié de réaliser la promesse du président puisque c’est à lui qu’on confié le dossier.

Malheureusement, c’est resté comme ça, il n’y a pas eu de suite. Quand je vais à son bureau, je ne le vois pas, je l’appelle au téléphone, il ne prend pas.  J’interpelle le président de la République qui a promis d’aider cette famille. Mon frère a été assassiné au siège du parti lorsque le Professeur Alpha Condé n’était pas encore au pouvoir, maintenant qu’il a le pouvoir, pardon pour l’amour de Dieu, il faut aider cette pauvre famille. Je souffre trop dans cette affaire. Si le président m’entend ou bien un de ses ministres, pardon il faut dire ça au président pour qu’il puisse aider la famille de Tall qui a été assassiné dans son siège le 12 octobre 2010.

Est-ce que l’auteur de l’assassinat de votre frère avait été trouvé ? 

Feu Malick Condé, le jeune-frère du Président m’avait appelé à travers un autre grand-frère lorsque mon frère a été assassiné. Il m’a dit que le jeune frère du président a pris un avocat pour nous. L’avocat nous avait encouragé à formuler une plainte, Malik a dit que c’est lui qui prend en charge les frais. Si le frère du président était vivant, notre problème aurait été réglé depuis longtemps. Il avait vraiment le souci de la famille, mais il n’est plus là. Celui auquel le président nous a mis en contact, Dr Ballo, on ne comprend rien. On ne sait pas si le Président lui a donné de l’argent ou bien s’il veut nous fatiguer. Ça nous complique énormément la tâche. Et jusqu’à présent l’assassin de mon frère Mory Tall est introuvable.

On vous a pourtant promis une autre maison par la suite.  Qu’est-ce qui s’est passé ? 

Lorsque mon frère est décédé, je suis allé voir aussi Mohamed Nabé qui connaissait très bien mon frère. Je dois avouer qu’il a fait beaucoup de bien pour la famille. A chaque fois il me fait des gestes pour dire c’est pour m’appuyer dans les dépenses en famille. J’ai expliqué à Nabé notre problème par rapport à la réalisation de la maison promise par le président à la famille Tall. Il a fait un écrit qu’il a adressé au Président. Après ça, il m’a dit que le président a promis que quand la SONAPI (Société Nationale du Patrimoine Immobilier, Ndlr) va finir de construire les logements sociaux à Keitaya, il va acheter une maison pour les enfants de Mory Tall.

Mais avant ça, j’avais écrit plusieurs courriers que j’ai adressés à la Présidence. L’une des lettres que j’ai écrites en 2017, j’ai été informé qu’elle est arrivée chez le président. C’est ainsi que j’ai appelé Nabé pour l’informer. Un jour on est allé à la Présidence, c’est le ministre Ibrahima Kalil Kaba (Directeur de Cabinet à la Présidence, Ndlr) qui nous a reçus. Monsieur Nabé me l’a présenté, il m’a présenté les condoléances, Ils m’ont dit de partir et qu’ils vont gérer l’affaire. Un jour Monsieur Nabé m’a appelé pour m’informer que le ministre Ibrahima Kalil va contrôler la parcelle de mon frère à Coyah, pour s’assurer qu’elle ne se trouve pas dans une zone réservée et voir si la zone est lotie. Parce que quand le président veut construire pour quelqu’un, il faut que tout soit correct. On a pris les documents de la parcelle qu’on a envoyés à la DATU de Coléah qui a vérifié auprès de leurs services déconcentrés de Coyah.  Ils ont vérifié. Ils ont dit que la parcelle est bonne, mais elle se trouve dans un endroit qui n’est pas loti. J’ai fait le compte-rendu à Monsieur Nabé qui m’a demandé si on a d’autres parcelles, je lui ai dit que j’ai des parcelles à Sodefa (…), en tant que chef de famille, j’ai appelé les deux veuves de mon frère et son premier garçon, j’ai appelé ma première femme et mon premier fils, nous avons fait une assise. Je leur ai dit : « je suis le chef de famille, vu que mon frère est décédé, le président veut nous construire une maison, mais la parcelle laissée par mon feu frère n’est pas dans un endroit loti. J’ai proposé qu’on fasse alors un échange. J’occupe la parcelle de mon frère située à Coyah, on donne une de mes parcelles située à Sodefa aux enfants de mon frère pour qu’on puisse construire la maison. Tout le monde a donné son accord ». On a fait les papiers, on a signé.

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Nous sommes allés voir un certain Baldé à Dubreka pour vérifier si mon terrain n’était pas sur une zone réservée de l’Etat. Ce dernier nous a rassurés en disant que cette parcelle est bien lotie et ne souffre d’aucune irrégularité. La parcelle est en mon nom Mory Tall (Lot 7 et 8). Il a fait un compte rendu fidèle à son supérieur hiérarchique du nom de Mr Camara qui travaille à la DATU de Coléah et au chef de cabinet à la présidence Ibrahima Kalil Kaba. C’est ainsi qu’on nous redirigés de nouveau vers le Docteur Ballo. Ma réaction a été de leur dire que Docteur Ballo n’a pas pu m’aider pour la première fois, est-ce qu’il pourra le faire maintenant. Ma préoccupation a grossi parce qu’il nous a jamais reçu (…), une fois je n’ai pas manqué de lui dire que les instructions du chef de l’Etat doivent être respectées, alors qu’il arrête de me fatiguer. Nous nous sommes battus pour le RPG, depuis ma tendre jeunesse je n’ai milité dans une aucune autre formation politique sauf au sein de ce parti.

Voulez-vous dire que c’est quand le projet de Construction de la maison à Sodefa n’a pas réussi que le président vous a promis une maison dans les logements sociaux construits par la Sonapi ? 

Oui ! Pour la maison de la cimenterie nous sommes allés voir le directeur adjoint de la Sonapi, Billy Camara. Ce dernier nous a donné une copie que j’ai envoyée à Nabé pour lecture. C’est après que Nabé m’a expliqué que c’est une maison à vendre, pour le payement on m’a dit d’aller voir le président. De son côté, Billy m’a plongé dans des termes techniques que je n’ai pas compris.  Ce qui est sûr et certain, je n’ai pas eu accès au président de la république sinon mon problème serait déjà résolu. Mais avec ses ministres là, on ne comprend rien.

Que demandez-vous donc au président de la République ?

Avant toute chose, je suis un militant du RPG. Je milite depuis une trentaine d’années. Je n’ai jamais demandé de l’argent au président. Je l’exhorte seulement à honorer ses promesses (…). Je vis dans un quartier avec ses enfants depuis neuf ans sans grands moyens. (…) J’espère que le président de la république entendra mon cri de cœur pour qu’en fin qu’il réalise la promesse qu’il a tenue.

Source :Africaguinee.com
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